Maladies et parasites

Pourriture des racines

L'ennemi principal des orchidées est avant tout la pourriture des racines qui survient du fait de la conjonction d'une humidité excessive et d'une aération insuffisante des racines. Elle est le plus souvent due à un arrosage trop abondant, à un drainage insuffisant et à un tassement excessif du compost.

Si vous suspectez une pourriture des racines, retournez la plante et retirez délicatement le pot, sans défaire la motte, pour les examiner : les racines mortes sont brunes et aisément friables.

Les symptômes sont immuables : arrêt de la croissance, jaunissement et flétrissement des feuilles voire des pseudobulbes, mort des racines.
Le premier remède à tenter est d'espacer les arrosages, surtout en hiver qui est la plus mauvaise période pour rempoter.
Si cela ne suffit pas, n'hésitez pas à dépoter la plante : éliminez les racines nécrosées en conservant celles qui sont saines (fermes et vertes). Immerger la plante dans une solution fongicide (Benlate ou Aliette) pendant 24h si elle est très atteinte. Si la plante est fleurie, coupez la tige florale pour ne pas épuiser la plante qui est stressée par le rempotage.

Rempoter alors la plante dans du compost neuf et ne reprendre les arrosages que très parcimonieusement jusqu'à ce que la croissance reprenne.

Autres moisissures et virus

La pourriture noire (black rot) est provoquée par : Pythium ultimum et Phytophthora cactorum. Maladie très grave, elle apparaît surtout l'hiver; elle est favorisée par un fort degré d'humidité, de l'eau qui stagne sur les plantes, un compost décomposé qui se draine mal; débutant par n'importe quelle partie de la plante, très rapidement à l'ensemble. Si l'affection débute sur une feuille, on notera une zone pourpre ou brun pourpre, cernée par une marge légèrement jaune, contrastant avec la couleur verte de la feuille.

Quand le mal commence par une racine, les autres sont rapidement atteintes, puis le pseudobulbe; quand l'affection arrive au niveau de la feuille, celle-ci peut soit se détacher, après un choc très léger, ou bien être complètement contaminée. La partie malade sera éliminée et brûlée (ou même toute la plante) la partie saine sera traitée avec une solution d'Aliette qui agit sur les deux germes cités.

Anthracnose : attaque d'anthracnose sur les feuilles d'un vanda Plusieurs espèces de champignons pouvant être à l’origine de cette maladie, l'anthracnose regroupe en réalité un ensemble de maladies cryptogamiques dont les symptômes sont comparables.
La maladie est favorisée par l'humidité atmosphérique, un apport d'engrais trop azoté, un manque de lumière ou une température trop élevée.
La maladie est reconnaissable aux taches brunes ou noirâtres qu'elle provoque sur les feuilles. Selon le champignon responsable, ces taches peuvent être circulaires ou irrégulières. Les zones nécrosées s'étendent de manière plus ou moins concentrique, la limite avec les tissus sains étant très nette. Les feuilles prennent peu à peu un aspect desséché, comme brûlé par le froid ou le soleil. Si les feuilles malades ne sont pas enlevées, le pseudobulbe est atteint à son tour, et la plante meurt.

Remèdes :

Botrytis Cinerea -maladieBotrytis Cinerea. Ce champignon s'attaque surtout aux fleurs : il se propage d'abord par les racines pour remonter jusqu'aux fleurs, en provoquant l'apparition de tâches brunes ou noires. On peut aussi remarquer le développement d'une fine poussière grisâtre sur les feuilles.
La maladie est favorisée par une température trop froide avec une humidité excessive, surtout la nuit. Le botrytis se développe quand de l'eau s'accumule trop longtemps sur les fleurs et qu'il n'y a pas une bonne ventilation.
Couper les fleurs atteintes, placer la plante dans un endroit bien ventilé, augmenter la température nocturne. Traiter la plante avec un fongicide à base de Dithane.

Les orchidées peuvent être infectées par des virus, les deux plus fréquents étant celui de la mosaïque du cymbidium (CyMV) et de la mosaïque du tabac, contre lesquels nous ne pouvons rien que prendre des précautions d'asepsie: instruments stérilisés, destruction des insectes piqueurs, élimination des sujets infectés, précautions dans l'introduction de nouvelles plantes.

Insectes, acariens, mollusques

N'oubliez pas que « votre main » est souvent aussi efficace pour éliminer un parasite qu'une panoplie complète de produits...

Les thrips sont de tout petits insectes de 22 mm de long, se déplaçant rapidement, et dont la présence se traduit par l'apparition de petites taches glauques sur l'extrémité des jeunes pousses. Lorsque l'invasion devient importante, le dessous des feuilles est piqueté de points jaunes et noirs. La roténone les combat, vous pouvez aussi essayer une solution de savon noir.

Piqueurs

Cochenilles farineuses

Les cochenilles, à carapaces ou laineuses, s'attaquent de préférence aux orchidées à feuilles dures: Cattleya, Vanda, Phalaenopsis, Cymbidium. Une petite infestation se traite avec une éponge, ou une brosse à dents, et de l'eau savonneuse. En cas de forte attaque, dissoudre un peu savon de Marseille dans de l'eau tiède et pulvériser la plante entière avec un jet fin : les cochenilles se détachent et le savon attaque leur protection; recommencer 10 jours plus tard. Les préparations du commerce à base d'huile blanche et de Malathion (oléoparathion) ne fonctionnent pas bien. Voir aussi cette page. Si vos orchidées sont en serre, vous pouvez aussi introduire un prédateur naturel qui fera le travail à votre place et se reproduira dans la serre.

Les aleurodes, petites mouches blanches, parfois très nombreuses, sont combattues par des applications d'insecticide : comme il ne tue pas les oeufs, et que le cycle de reproduction est très rapide, il faut renouveler le traitement tous les cinq jours, pendant trois semaines.

Les pucerons, verts ou noir, visibles à l'oeil nu, se rencontrent surtout sur les extrémités des jeunes pousses, ou sur les bourgeons floraux. Les retirer à la main si possible, installer une coccinelle qui s'en régalera, sinon traiter avec un insecticide anti-pucerons.

L'araignée rouge et les autres acariens, presque invisibles à l'œil nu, tissent une toile, qui donne un aspect argenté aux feuilles, dont la face inférieure est grêlée de petites taches grisâtres. Avec l'aide d'une bonne loupe, on peut voir, surtout sous les feuilles, ces araignées, qui sont rouges, jaunes ou grises. Les genres les plus sensibles sont par ordre de sensibilité: Cymbidium, Phalaenopsis, Dendrobium, Paphiopedilum, rarement Cattleya et Oncidium.
Une atmosphère trop sèche favorise les acariens.
Augmenter l'humidité atmosphérique en pulvérisant les plantes. Si l'infestation est majeure, vaporiser avec un produit acaricide de jardinerie (dicofol).

« Dévoreurs »

De petites chenilles et des criquets dévorent parfois feuilles et fleurs, les insecticides ordinaires sont actifs contre eux s'il n'est pas possible de les attraper.

Attaque d'escargots sur un phalaenopsis - photo Claire Autier.

Les autres prédateurs sont les limaces et les escargots, surtout les petits qui se glissent dans le compost. Nos armes sont: les produits à base de métaldéhyde et le « talon » pour les écraser; pour utiliser cette dernière arme, on les capture au préalable, à l'aide de feuilles de laitue, ou de pommes de terre creusées par en-dessous, que l'on dépose le soir pour les retirer le matin.

Les cloportes, crustacés qui se plaisent dans les endroits sombres et humides; ils ne nuisent pas à la végétation, aérant même parfois le compost. On les chasse en éliminant leurs refuges: débris de végétaux de tous genres, et en poudrant avec un insecticide contenant du carbaryl.

Liens vers d'autres pages

Insectes, maladies et erreurs de culture: un tableau très bien fait.

Maladies des orchidées

Les Maladies (appliquées aux cactus, mais intéressant pour plus d'informations).

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