Fiche de culture du Paphiopedilum

Paphiopedilum hybride

Présentation

La tribu des Cypripédiées comprend quatre genres: les Cypripedium, que l'on trouve dans les régions tempérées froides de l'hémisphère Nord, les Phragmipedium et les Selenipedium, que l'on trouve en particulier au Mexique, Guatemala, Equateur et Pérou, et les Paphiopedilum, qui, au nombre d'une cinquantaine, sont tous asiatiques. Leur aire s'étend depuis la Chine jusqu'à l'Himalaya, en passant par toute l'Asie du Sud Est, et de l'Indonésie à la Nouvelle Guinée.

Orchidées sympodiales (sans pseudobulbes) les Paphiopedilum sont presque tous terrestres ou lithophytes, rarement épiphytes (P. lowii). D'une courte tige, partent des feuilles rigides, coriaces, disposées sur le même plan, de taille et de forme très variable, de couleur verte unie, ou tesselées gris verdâtre, la face inférieure souvent pourpre.

Paphiopedilum Doraeus

La hampe florale, qui prend naissance au coeur des feuilles, a une hauteur qui, selon les espèces, varie de quelques centimètres à 50 cm. Elle ne porte en général qu'une seule fleur, sauf chez quelques espèces, qui comme: P. glaucophyllum, P. stonei, P. rothschildianum, peuvent en avoir jusqu'à six. La taille des fleurs varie de 5 cm à plus de 20 cm de diamètre entre l' extrémité des pétales. On trouve comme couleurs: le vert, le brun, le rose, le rouge, le pourpre, le blanc. Ces couleurs se mélangeant de plusieurs manières: dégradés, stries, rayures, pointillés, taches, etc.

Le labelle peut être comparé: à une bourse, à un sac, à une pantoufle. Le sépale dorsal, proéminent est nommé pavillon, les sépales dorsaux, soudés, se trouvent derrière le labelle. La floraison a lieu, depuis le milieu de l'automne, jusqu'au printemps, mais beaucoup d'hybrides modernes, fleurissent deux à trois fois par an. Les fleurs durent longtemps, de un à trois mois.

Plantes de culture facile, celle-ci peut être entreprise en serre comme en appartement.

Paphiopedilum hybride

Les Paphiopedilum, ont sommairement été divisés en deux groupes, selon que leurs feuilles sont vert uni ou tesselées. Les plantes du premier groupe sont originaires de régions plus élevées et plus froides que celles du second, qui proviennent de zones de basse altitude au climat plus chaud. On met les plantes du premier groupe dans la serre froide, et celles du deuxième dans la serre tempérée. Mais les deux groupes demandent des températures nocturnes plutôt froides au moment de la formation du bourgeon floral. En fait les deux groupes peuvent très bien être cultivés côte à cote, dans la même serre, mais avec des résultats moins bons.

Culture

La température idéale la nuit est, pour les espèces à feuilles vert uni 10° à 12° C et pour les autres 15°C à 18° C. La température de jour pour les deux groupes peut se situer entre 21° et 27°C. Cependant de courtes périodes de températures plus basses ou plus élevées, ne sont pas préjudiciables aux plantes.

Paphiopedilum Sukhakuli Schoser & Senghai

L'été, s'il est difficile de maintenir une température inférieure à 30° C, on peut sortir les plantes, et les placer à l'ombre de grands arbres; dans les régions chaudes il faut augmenter au maximum l'ombrage.

Comme les autres orchidées, les Paphiopedilum aiment vivre avec un air constamment en mouvement, cet air devant être humide et à la température adéquate, donc pas d'air sec, froid ou chaud. Le degré d'humidité doit être le jour de 40 à 50%.

La condition essentielle du refleurissement est la vigueur de la nouvelle pousse. Ne laissez pas trop sécher le compost, en particulier après les passages d'engrais. Les paphiopedilum à feuilles vert uni fleurissent généralement entre novembre et février. Ceux à feuilles «tesselées" sont susceptibles de fleurir tous les 7 à 9 mois, sans date de floraison précise, en particulier pour les hybrides. Enfoncez un tuteur dans le mélange de rempotage et attachez la tige sous le bourgeon pour que la fleur pousse droit.

Eclairage

Les Paphiopedilum sont parmi les orchidées celles qui exigent le moins de lumière: 6 000 à 7000 lux durant !e printemps et l'été, 8 000 à 10 000 lux pendant l'hiver.

L'excès de lumière se traduit chez les plantes de serre froide, par un jaunissement des feuilles, et chez les autres, par un éclaircissement du vert. Il faut cependant savoir, qu'un manque de lumière peut empêcher la floraison.

Sauf aux premières heures de la matinée, les Paphiopedilum ne doivent pas être exposés aux rayons directs du soleil; en appartement, placez votre plante dans votre intérieur à 1 m d'une fenêtre, qu'elle profite au maximum de la lumière d'hiver. En été, tamisez par un voilage.

Paphiopedilum c Sanderae

Arrosage

N'ayant pas de pseudobulbes, les Paphiopedilum sont sensibles à la sécheresse et leurs racines doivent être dans un milieu humide, ce qui nécessite des arrosages réguliers, dont la fréquence soit en rapport avec les conditions de culture: en moyenne tous les trois à cinq jours à la belle saison, à la période d'inactivité des plantes, on peut attendre une semaine et même plus. La difficulté pour le débutant, est d'obtenir un milieu toujours moite sans être détrempé, car dans ce cas les racines ont de fortes chances de pourrir. C'est l'observation qui sera le meilleur guide. Par temps chaud et sec on pratique de légers bassinages sur le feuillage. L' eau d'arrosage peut être légèrement calcaire.

Rempotage

Tous les deux ou trois ans, au printemps, dès que la nouvelle pousse apparaît. Le rempotage se fait de préférence après la floraison; si on en profite pour diviser, il faut conserver deux anciennes pousses plus une nouvelle pour chaque plante.

Pour le rempotage, on choisit un pot relativement petit, on draine le fond avec des tessons de pots cassés, que l'on recouvre d'un bon centimètre de compost, sur lequel on dispose la plante, dont toutes les racines mortes ont été enlevées, le remplissage du pot est complété jusqu'à un centimètre au dessus de la base du rhizome; trop enfoncées les racines peuvent pourrir, pas assez elles se développent mal. On tasse bien le compost.

Après le rempotage, la plante est mise dans un endroit bien ombré, et le milieu est entretenu légèrement humide, en attendant que les nouvelles racines soient bien établies, ce qui demande environ trois mois. Pendant cette période, de légères pulvérisations peuvent être pratiquées, en évitant de mouiller le coeur de la plante, où l'eau ne doit pas rester. Une fois bien établi, le Paphiopedilum est remis dans un endroit plus éclairé.

Les composts d'écorces de conifères (dont les morceaux n'ont pas plus d'un centimètre) en mélange avec du polystyrène expansé, ou de la mousse de polyuréthane, ou des feuilles de chêne, conviennent. En fait, ce que l'orchidophile doit rechercher, c'est le milieu le mieux adapté à ses propres conditions de culture, milieu qui doit être très filtrant, ne retenant pas l'eau en excès, long à se détériorer, de réaction neutre; d'ailleurs l'adjonction de calcaire est à conseiller, ce qui peut s'obtenir simplement en arrosant avec l'eau du robinet lorsqu'elle est dure.

Fertilisation

Les Paphiopedilum sont très sensibles à un excès d'engrais, qui peut brûler leurs racines; aussi, dans les milieux à base de racines de fougères, la fertilisation est inutile. Il n'en est pas de même pour les autres milieux; si le milieu contient des écorces on emploie un engrais du type 30/10/10, si le milieu est purement artificiel, c'est la formule 20/20/20 qui est à employer. Ces applications, à faire une à deux fois par mois, doivent toujours être précédées d'un arrosage copieux.

On peut ajouter au compost du sphagnum et de la poudre d'os, ce qui supprime la nécessité de toute fertilisation ultérieure.