Composts de culture et substrats pour orchidées

Plantées dans un mélange terreux, les racines pourrissent très rapidement, entraînant le dépérissement de la plante.

La première idée à abandonner lorsque l'on cultive des orchidées est celle de "terre". Ces plantes sont avant tout des épiphytes, c'est à dire une forme végétale se développant sur un support, généralement un arbre, quelquefois un rocher, en l'absence de toute terre (voir page « en milieu tropical »). Les orchidées présentent généralement des racines charnues, dépourvues de radicelles, capables de photosynthèse et absorbant l'humidité atmosphérique. Dans la nature la plante se nourrit des déchets organiques, végétaux (feuilles en décomposition) ou animaux (cadavres d'insectes) qui s'accumulent à sa portée.

Il existe dans le commerce du terreau spécial orchidées que je vous déconseille vivement : il n'est pas adapté car il se sature en eau et provoque la mort des racines.

2 recettes simples

Méthode moderne: 7 vol d'écorce de pin, 2 vol d'argile expansée lavée 1 vol de mousse de polyuréthane. Pour les Cattleya, Cymbidium et Paphiopedilum, ajouter 1 g par litre de compost de dolomie. La granulométrie de ce compost varie en fonction de la force des plantes et de la taille des racines. Avec ce mélange, l'apport d'engrais dilué est obligatoire, et il est préférable d'utiliser des pots plastiques qui n'absorbent pas les sels non dissous des engrais.

Méthode traditionnelle: 50% de mousse de sphagnum et 50% de racines de polypodium ou d'osmonde. Ces composants sont maintenant difficiles à trouver. Bien tasser le compost au rempotage qui se fait en pots de terre. Avec ce mélange, les engrais solubles sont inutiles. On peut apporter de la poudre d'os en engrais de fond.

Quelques conseils

Réalisez un bon drainage du pot pour prévenir la pourriture des racines : mettez au fond des tessons de brique pilées, ou de gros fragments d'écorce de pin ou de charbon de bois pour permettre le ressuyage rapide de l'eau en excès.

Avant l’utilisation, humidifiez votre mélange pour qu'il soit plus souple : les racines s’adapteront mieux à leur nouveau support qui sera mieux réparti dans le pot.

Pour la composition des composts, vous trouverez au niveau du descriptif de chaque plante la composition la plus adaptée.

Fabriquer son compost soi-même

Pour bien s'épanouir, l'orchidée a besoin de se développer dans un compost aéré et drainant, autrement dit capable de laisser s’écouler l’eau sans la retenir. Le compost doit aussi contenir des éléments rétenteurs d'humidité (mousse de polyuréthane, argile expansée) tout en permettant à l'air de circuler. Il faut voir le compost non comme une terre, mais comme un support dans lequel la plante va s'installer.

C'est l'ensemble de ces conditions qui assure le confort de la plante; c'est aussi pour cela qu'il existe des centaines de recettes différentes et qu'elles marchent toutes quand elles assurent ces conditions.

Composants utilisés dans les composts
Écorces de pinL'élément le plus utilisé est l’écorce de pin et représente en général 2/3 d'un mélange pour compost. Il se décompose lentement en libérant des éléments nécessaires à la plante. Les écorces sont calibrées en différentes grosseurs, que l'on choisit en fonction de la taille des pots et de celle de plantes. Les plus gros morceaux conviennent bien pour faire le drainage d'un fond de pot, mais aussi à des plantes comme les phalaenopsis, les cattleyas, les dendrobiums. Les petits morceaux (3-7mm) conviennent mieux aux plantes terrestres ou à racines fines : paphiopedilums, oncidiums, odontoglossums…
TourbeUtilisée dans les composts pour orchidées terrestres, elle doit être fibreuse et en fragments. Les tourbes poussiéreuses ne conviennent pas car elles font un compost trop compact.
PolystyrèneUtile pour aérer le compost, le polystyrène doit être en plaque formant de toutes petites billes que l'on émiette et mélange au compost pour l'alléger. C'est une matière inerte et non nutritive.
Mousse de polyuréthaneC'est la mousse qui sert à faire les coussins ! On peut en mettre un peu, comme régulateur d'humidité du fait de son côté éponge…
Argile expanséeL’argile expansée est un régulateur d'humidité dans le compost que l'on peut utiliser pur avec un peu de charbon pour les vandas. Elle sert aussi au drainage en fond de pot.
SphagnumUn composant traditionnel pour le compost des orchidées, difficile à trouver. Le sphagnum a des propriétés fongicides et est un régulateur naturel d'humidité. Il se décompose rapidement en utilisant de l'engrais.
Charbon de boisLe charbon de bois à l’avantage d’être bactéricide et évite certaines moisissures.
On peut prendre du charbon de bois en le rinçant avant usage et en le mélangeant à d'autres composants : écorces, argile expansée.
CocoLes fibres de coco conviennent aux oncidiums et dendrobiums. Elles se décomposent avec le temps. Il faut éviter l’excès d’eau pour ne pas accélérer leur vieillissement.
Laine de rocheC’est un produit inerte et stable qui ne se décompose pas. Il conserve très bien l’humidité, ce qui permet de diminuer les arrosages. Il peut convenir au cymbidiums en mélange avec l'écorce de pin, mais il n'est pas très esthétique : la surface du compost est facilement envahie par de la mousse et des algues.