L'atteinte aux libertés de la presse est au coeur de nos pensées

Vendredi 28 novembre, au petit matin, Vittorio de Filippis a été interpellé à son domicile par trois policiers, menotté, fouillé au corps et conduit au dépôt du tribunal de grande instance de Paris (…) sous le coup d'une poursuite en diffamation intentée par Xavier Niel, le fondateur de Free. Selon la juge chargée de l'affaire, Muriel Rosié, Vittorio de Filippis n'aurait pas répondu aux convocations qui lui avaient été préalablement envoyées.

Libération

Intersyndicale des Syndicats de journalistes

«L'arrestation musclée avec fouille au corps pour une simple suspicion de délit de diffamation, dont a été victime vendredi notre confrère Vittorio de Filippis a toutes les allures (…) d'un film de Costa-Gavras (…) cette nouvelle atteinte à la liberté de la presse constitue une suite logique des propos tenus depuis plus d'un an par les hautes autorités de l'Etat (…) Elle ne présage rien de bon pour la démocratie et les citoyens.»

Une centaine de manifestants se sont rassemblés vendredi 5 décembre devant le Palais de Justice de Paris, en réaction à l'interpellation brutale de Vittorio de Filippis. (AFP)

Dans la petite foule massée sous la pluie, beaucoup de journalistes — actuels ou anciens — de Libération et d'autres médias, ainsi que de nombreuses personnes venues apporter leur soutien «en tant que citoyens».

«… quand la liberté de la presse est attaquée, c’est l’ensemble des libertés individuelles qui est en danger», s’est exclamé Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du journal Le Monde.

A quelques mètres de là, deux jeunes ados, «un peu là par hasard», prennent des photos avec leur portable. «On a entendu parler de cette histoire à la télé», explique l’un d'eux.