Tuons tous ceux qui souffrent...
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Ainsi, Vincent Humbert est mort vendredi, après que sa mère ait tenté de le tuer pour mettre fin à une existence que sans doute il ne supportait pas. Nous n'avons pas à juger son acte - il y a pour cela une justice dont c'est la mission - et cette mère ne voyait peut-être pas d'autre solution pour sortir de ce cauchemar.

Il est néanmoins bien troublant que tout cela intervienne à la date anniversaire de l'accident dont Humbert a été la victime et surtout à la veille de la sortie en librairie de son livre : quelles manipulations auront été faites pour inciter les victimes à devenir les martyrs de la cause de l'euthanasie ? Si c'est bien cela, la presse a beaucoup dégoisé et le débat va être bien relancé.

9 Français sur 10 sont pour la dépénalisation de l'euthanasie; tout d'abord parce qu'ils ignorent ce que cela signifie et aussi, parce qu'on ne leur présente que des cas exceptionnellement horribles sans expliquer dans quel contexte ils se sont produits. Etait-il normal, par exemple, que Vincent Humbert ait été maintenu en vie dans un service de réanimation, alors que, peut-être, il suffisait de ne plus donner les soins qui le maintenaient artificiellement en vie ?

Dans le cadre des soins palliatifs, les gens arrivent souvent avec le désespoir d'une défaite face à la maladie. Ils en parlent avec l'attitude qu'ils sont capables de tenir. Ils réclament parfois que l'on abrège leur existence pour mettre fin à la souffrance. Mais cette demande disparaît après quelques jours, quand ils voient comment ils sont traités, et aussi parce que le lieu leur permet de faire pleinement le dernier chemin de leur vie.

Mais la demande de mort émane aussi parfois des proches parce qu'ils ne savent plus que faire de leur angoisse, au point de prétendre bien savoir ce que veut le malade alors qu'ils n'ont jamais pu en parler avec lui.

Nous pouvons gager que légaliser l'euthanasie n'aurait pour seul effet que d'abaisser le seuil de responsabilité des familles dans l'accompagnement de leurs proches en leur retirant bien définivement la cause de leurs problèmes.

Ne plus s'acharner à soigner dans l'esprit de guérir la maladie, mais seulement donner les soins qui augmentent le bien-être du malade, l'accompagner avec une présence et une écoute qui humanisent la fin de vie, voici le cadre simple d'une fin dans la dignité.